La Fête du Canada a été une prise de conscience face aux changements climatiques

La tempête de la Fête du Canada a-t-elle bouleversé vos plans pour la longue fin de semaine? La violente tempête de pluie et les inondations qui ont balayé Ottawa le jour de la Fête du Canada ont privé des milliers de personnes d’électricité, endommagé des maisons et perturbé la vie des collectivités. Pourtant, au lendemain de la catastrophe, le chef de la direction d’Hydro a qualifié cet événement de « surprise ». Le maire d’Ottawa, Mark Sutcliffe, a déclaré à la CBC : « Je ne pense pas que quiconque s’attendait à une telle quantité de pluie. »

Vraiment?

Les projections climatiques pour 2020 publiées par la Ville d’Ottawa prévoient que notre région connaîtra des précipitations nettement plus fréquentes et plus intenses. Si bon nombre d’entre nous étaient pris au dépourvu face à l’ampleur des dégâts causés par ces inondations, ce n’était pas le cas de la communauté scientifique.

Des événements comme celui-ci soulèvent des questions importantes : notre ville se prépare-t-elle assez rapidement à la réalité du changement climatique dont nous savons déjà qu’elle est inévitable? Et notre ville fait-elle sa part pour empêcher que la déstabilisation climatique ne s’aggrave? Les solutions ne manquent pas.

Il ne s’agit pas seulement d’inondations. Partout au Canada, une autre urgence climatique est en train de se dérouler. Au cours des deux dernières semaines, des feux de forêt ont ravagé des millions d’hectares de terres, forcé des collectivités entières à évacuer et envahi les villes d’une fumée nocive. Même à des centaines de kilomètres de là, notre collectivité a ressenti les effets de ces feux de forêt à cause du ciel enfumé et de la mauvaise qualité de l’air – ce qui nous rappelle que les répercussions du changement climatique ne se limitent pas à leur lieu d’origine. Des rues inondées au ciel enfumé, ces événements révèlent une même crise.

Les Canadiens sont bien conscients de l’urgence de la situation. En 2025, selon Statistique Canada, 53 % des Canadiens ont déclaré être très ou extrêmement préoccupés par les changements climatiques, tandis que 30 % ont indiqué se sentir stressés à ce sujet au moins une fois par mois. Les gens ne se contentent pas d’être inquiets : nous constatons concrètement les répercussions de ces changements dans nos propres collectivités.

Si les récentes inondations et les feux de forêt nous ont appris quelque chose, c’est que les phénomènes météorologiques extrêmes ne sont plus une possibilité lointaine. Ils se produisent ici, et ils se produisent maintenant. Comme l’a déclaré Angela Keller-Herzog, de CAFES, au journal Ottawa Lookout, la réalité des changements climatiques signifie qu’Ottawa doit se préparer à des phénomènes météorologiques extrêmes plus fréquents et plus intenses.

En ce qui concerne la tempête de la Fête du Canada, Angela a expliqué que lorsque les températures augmentent, le taux d’humidité s’élève, ce qui rend les précipitations de plus en plus intenses. Qu’il s’agisse d’incendies de forêt, de pollution ou d’inondations, ces catastrophes naturelles d’origine climatique entraînent des décès, des blessures, des difficultés financières, des déplacements de population, la perte de moyens de subsistance et imposent un fardeau énorme aux sociétés, aux économies et à l’environnement.

La véritable surprise, ce n’est pas la tempête. La surprise, c’est que nous continuons à considérer ces événements comme inattendus, au lieu de nous préparer à la réalité climatique dont nous savons qu’elle est déjà là. Chaque inondation, chaque vague de chaleur et chaque tempête majeure nous le rappelle une fois de plus. L’action climatique ne vise pas seulement à prévenir un avenir lointain et catastrophique, elle vise aussi à protéger nos communautés dès aujourd’hui.